Lois relatives à l'emploi
Discrimination à l'embauche ou en matière d'emploi
Selon la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, il est interdit de faire de la discrimination sur les motifs suivants :
- Race et couleur
- Sexe
- Grossesse
- Orientation sexuelle
- État civil
- Âge
- Religion
- Convictions politiques
- Langue
- Origine ethnique ou nationale
- Condition sociale
- Handicap
Malheureusement, dans un Québec fier de ses lois égalitaires, la discrimination en emploi frappe encore, et de plus en plus sournoisement. Un dossier à lire dans Jobboom Magazine
Égalité Homme-Femme
Le 23 juillet 2009, était publié le guide d'information intitulé À parts égales, à part entière - L'Égalité entre les femmes et les hommes au Québec .
Ce guide traite de la valeur de l'égalité mise en pratique dans divers domaines ou secteurs d'activité tels que l'éducation, le couple et la famille, le travail et plusieurs autres.
Avant de congédier un employé
Dans le cas d'un congédiement pour un motif disciplinaire (absentéisme important, insubordination, etc.), le fardeau de la preuve revient à l'employeur. Il doit démontrer clairement que les manquements de l'employé ont été répétitifs, qu'il y a eu des sanctions et surtout qu'une aide lui a été fournie afin de corriger la situation.
Dès qu'il constate les manquements, l'employeur doit rencontrer la personne pour lui faire part de ses griefs et lui communiquer ses attentes. Il l'informera qu'elle pourrait être congédiée s'il n'y avait pas d'amélioration. Le gestionnaire devrait être accompagné d'un témoin, remettre un avis écrit expliquant les faits à l'employé qui signera un accusé de réception.
Si le congédiement devient inévitable, l'annonce doit être faite par le supérieur immédiat lors d'une rencontre. Il faut traiter le travailleur avec respect. Le gestionnaires qualifie ses manquements, pas sa personnalité et devra s'en tenir aux faits qui lui sont reprochés. L'employeur est aussi tenu d'accorder un préavis à l'employé qu'il congédie, sauf si celui-ci s'est rendu coupable d'une faute grave, comme le vol.
Préavis de fin d'emploi
Selon la Loi sur les normes du travail, à moins d'avoir commis une faute grave, tous les employés comptant plus de trois mois de service continu ont droit à un préavis raisonnable.
La loi garantit aux employés un préavis minimum. La plupart des conventions collectives sont basées sur cette loi.
- moins d'un an de service : une semaine de préavis
- de un à cinq ans de service : deux semaines de préavis
- de cinq à dix ans de service : quatre semaines de préavis
- plus de dix ans de service : huit semaines de préavis
Or la Cour d'appel du Québec a conclu dans plusieurs jugements que les employeurs ont maintenant l'obligation de fournir à leurs salariés syndiqués un délai de congé raisonnable, et ce conformément à l'article 2091 du Code civil du Québec.
Cet article indique que le délai doit tenir compte notamment de la nature de l'emploi, des circonstances particulières dans lesquelles il s'exerce et de la durée de prestation de travail.
Concrètement, les décideurs prennent en considération l'âge du salarié, l'importance de poste occupé et la disponibilité d'emplois similaires sur le marché. La Cour d'appel a aussi statué que l'arbitre en grief a l'autorité pour décider du caractère raisonnable d'un préavis. Les employeurs auront intérêt lors de la négociation d'une convention collective à inclure une clause de préavis raisonnable.
Cependant, la décision de la Cours d'appel ne s'applique pas uniquement aux salariés syndiqués et rappelle aux employeurs que ce qui est prévu à la Loi sur les normes du travail n'est pas nécessairement suffisant, selon les circonstances de la cessation d'emploi pour tous les salariés.
Renseignements personnels
Loi provinciale sur la protection des renseignements personnels - en vigueur depuis janvier 1994
Loi fédérale sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques - appliquée depuis janvier 2004 à toutes les sociétés faisant des affaires au Canada
À certains égards, la loi québécoise est plus exigeante et à d'autres, c'est la loi fédérale qui est plus stricte.
Une entreprise québécoise est soumise à la loi québécoise. De plus, si cette entreprise fait des affaires dans d'autres provinces canadiennes ou si elle détient des renseignements personnels qui traversent la frontière du Québec, alors elle est aussi soumise à la loi fédérale.
La loi fédérale oblige les entreprises à nommer un responsable de la gestion des renseignements personnels dans l'entreprise. Elle oblige aussi les entreprises à plus de transparence. Elles devront informer les consommateurs de leur droit de savoir quelle information elles détiennent sur eux, ce qu'elles en font, à qui ellse la revendent, etc.
De plus, une entreprise qui vend ou loue des renseignements personnels à une tierce partie demeure responsable de ce que cette dernière en fait. Si les renseignements sont de nature plus sensible, comme ceux qui touchent les finances, la sexualité ou la santé, l'entreprise doit obtenir le consentement explicite de la personne concernée avant de les utiliser à des fins commerciales.
Honorer ses promesses
Pour une entreprise, le fait d'omettre de révéler ses difficultés financières alors qu'elle sollicite un employé en lui promettant un poste élevé ainsi qu'une participation dans l'actionnariat peut constituer une faute donnant droit à des dommages et intérêts.
Un juge de la Cour supérieure a donné raison à un employé licencié estimant qu'au moment de l'embauche, l'entreprise a fait des promesses qu'elle savait ne pas pouvoir tenir étant donné sa situation financière, accusant des pertes considérables depuis plusieurs mois. L'entreprise aurait dû informer le candidat de la situation. (Bouchard c. Batteries électriques Gagnon inc.)
Rien ne sert de mentir...
Il est important que les candidats soient honnêtes au moment de l'embauche notamment sur des problèmes de santé pouvant avoir un impact sur les tâches à accomplir, car une fausse déclaration à l'embauche peut entraîner un congédiement tout à fait légal.
L'employeur doit cependant prouver la relation étroite entre la fausse déclaration et le contenu de l'emploi, le fait qu'il n'aurait pas embauché le salarié s'il avait connu la vérité sur son état de santé ou le caractère volontaire de la fausse déclaration.
Sites web
- Au bas de l'échelle : Au bas de l'échelle est un groupe d'éducation populaire et de défense des droits des travailleuses et des travailleurs non syndiqués qui existe depuis 1975. Au bas de l'échelle est un organisme indépendant à but non lucratif, financé par Centraide, par différents ministères, par des dons privés et publics et par la cotisation de ses membres.
- Charte des droits et liberté de la personne (Québec)
- Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse : a pour mission de veiller à la promotion et au respect des droits au Québec
- Commission des normes du travail : La Commission des normes du travail est chargée de l'application de la Loi sur les normes du travail. Cette loi établit les conditions minimales de travail en l'absence de conditions prévues par une convention collective, un contrat de travail ou un décret.
- CSST : La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) est l'organisme auquel le gouvernement du Québec a confié l'administration du régime de santé et de sécurité du travail. À cette fin, elle voit notamment à l'application de ces deux lois :
- la Loi sur la santé et la sécurité du travail, qui a pour objet l'élimination à la source même des dangers pour la santé, la sécurité et l'intégrité physique des travailleurs;
- la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, qui a pour objet la réparation des lésions professionnelles et des conséquences qui en découlent pour les travailleurs ainsi que la perception, auprès des employeurs, des sommes nécessaires pour financer le régime.
- Éducaloi : Éducaloi est un organisme sans but lucratif qui s'est donné pour mission d'informer les Québécois et les Québécoises de leurs droits et de leurs obligations en mettant à leur disposition de l'information juridique de qualité, diffusée dans un langage simple et accessible.
- Loi canadienne des droits de la personne
- Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans les organismes publics oblige les organismes du secteur public et parapublic qui comptent 100 employés et plus à améliorer la situation en emploi des femmes, des minorités visibles, des membres des communautés culturelles, des autochtones et des personnes handicapées au moyen des programmes d'accès à l'égalité dans l'emploi.
- Loi sur l'équité en matière d'emploi : oblige les ministères, les organismes fédéraux et les entreprises du secteur privé qui relèvent de la compétence fédérale à mettre en place un programme d'équité en emploi. Le gouvernement fédéral oblige aussi les entreprises de 100 employés et plus à qui il adjuge un contrat de 200 000 dollars et plus à instaurer un programme d'équité en emploi.
- Loi québécoise sur l'équité salariale : oblige les entreprises québécoises de 10 employés et plus à corriger les écarts salariaux dus à la discrimination à l'égard de ceux (et surtout celles) occupant des emplois à prédominance féminine.
- Programme d'accès à l'égalité en emploi : un programme que doivent mettre en place les entreprises de plus de 100 employés à qui Le gouvernement québécois oblige aussi l octroie un contrat ou une subvention d'une valeur égale ou supérieure à 100 000 dollars.